Solutions et techno

Scallog : « Le marché de la préparation logistique robotisée se démocratise de plus en plus »


Olivier Rochet, PDG co-fondateur du spécialiste de la robotisation intralogistique SCALLOG vient de lancer un nouveau système, SCALLOG sous rack, une solution qui s’adapte au premier niveau d’une implantation de racks existante. Une innovation qui illustre le caractère de plus en plus accessible de la robotisation des plateformes logistiques.

Olivier Rochet, PDG et co-fondateur de Scallog. - © D.R.
Olivier Rochet, PDG et co-fondateur de Scallog. - © D.R.

Qu’est-ce qui différencie SCALLOG sur le marché de la robotisation ?

Nous avons toujours cherché à développer des solutions agiles, flexibles et qui permettent à des sociétés qui n’auraient pas encore franchi le pas de se robotiser, au prix d’investissements plus modestes. Avec nos solutions, il est possible de démarrer avec quelques machines avec un ROI très court. Le ROI lié aux gains de productivité opérationnelle d’une solution SCALLOG est de deux à trois ans. Les solutions SCALLOG n’ont pas seulement pour effet de réduire les déplacements, mais aussi de transformer et de maximiser les process de préparation pour gagner en performance.

SCALLOG sous rack permet d’occuper davantage l’espace d’un entrepôt

L’innovation SCALLOG sous rack que vous venez de mettre sur le marché, va-t-elle dans ce sens ?

Développée à la demande de nos prospects et clients, SCALLOG sous rack permet d’occuper davantage l’espace d’un entrepôt, en automatisant le premier niveau dédié au picking, tandis que les étages supérieurs sont dédiés à du stockage de réserve à faible rotation. L’innovation de cette solution tient au fait qu’elle s’intègre au premier niveau d’une implantation de racks existante standard. Elle s’adresse à des entrepôts majoritairement déjà équipés de racks grande hauteur avec des clients qui ont besoin de grandes capacités de stockage, avec une part de réserve et une part de zone de picking.

La solution Scallog sous rack s’adapte à des installations standards. - © D.R.
La solution Scallog sous rack s’adapte à des installations standards. - © D.R.

Quel est le délai moyen de déploiement de cette solution ?

L’installation physique prend quelques semaines selon la taille de l’installation. Le système étant flexible, le client peut l’étendre progressivement sans arrêt de production. Les retours clients nous montrent par ailleurs qu’un opérateur est capable de traiter des commandes en quelques heures et quasiment à 90 % du régime. Nous simplifions la formation et la montée en charge du système.

Parmi les nouveaux besoins exprimés par les clients, nous notons en particulier une volonté d’utiliser au maximum les volumes et la hauteur des plateformes existantes

Comment voyez-vous évoluer le marché de la robotisation en entrepôt ?

Le marché de la préparation logistique robotisée se démocratise de plus en plus. La robotisation est presque systématiquement plébiscitée dès qu’il y a des projets de nouveaux entrepôts ou d’amélioration de plateforme logistique. Parmi les nouveaux besoins exprimés par les clients, nous notons en particulier une volonté d’utiliser au maximum les volumes et la hauteur des plateformes existantes. Un besoin auquel répondent aussi bien nos projets sur ou sous mezzanine que notre nouvelle solution SCALLOG sous Racks.

Quels freins voyez-vous à l’expansion de votre marché ?

Ce sont plutôt des freins à l’investissement, notamment liés à des idées reçues de sociétés qui considèrent qu’elles ne sont pas adaptées à des équipements robotisés. La conjoncture est également de nature à freiner ces investissements. Nous avons l’exemple concret d’un client dont le projet a fini par aboutir après près de trois ans, tandis que notre cycle de vente est en général de trois à cinq mois. La conjoncture économique et réglementaire peut retarder les projets mais elle ne les remet pas en cause.

Nos ventes hors de France représentent près d’un tiers de nos revenus et nous ambitionnons de les faire passer à 50 % d’ici deux à trois ans

Comment votre entreprise traverse-t-elle cette conjoncture ?

Depuis plusieurs années, nous nous sommes développés dans une grande diversité de secteurs mais, il est vrai que, ces deux dernières années, le marché s’est tendu. Nous avons développé un réseau de partenaires de distribution qui nous assurent un relais de croissance à l’international. Nos ventes hors de France représentent près d’un tiers de nos revenus et nous ambitionnons de les faire passer à 50 % d’ici deux à trois ans. Certains de ces partenaires sont d’importants intégrateurs, d’autres des sociétés de tailles plus modestes qui commercialisent la solution SCALLOG et assurent la maintenance localement. Mais la solution est tellement simple qu’il nous arrive de former les équipes des clients pour qu’ils soient en grande partie autonomes sur la maintenance. Les coûts de maintenance comptent en effet pour une part importante dans le ROI de la solution.

Dans quelle mesure investissez-vous dans l’innovation ?

Nous sommes une société majoritairement composée d’ingénieurs. Nous développons toute la partie robotique et informatique de la solution et nous produisons nos machines à Nanterre. L’innovation représente entre 15 % et 20 % de nos coûts. Nous travaillons sur de nouvelles solutions de palettes, nous faisons évoluer et nous améliorons en continu nos systèmes, l’équipement, l’électronique, la motorisation, etc. Mais nous innovons aussi avec nos clients en les aidant à faire évoluer leur organisation et leurs process.

La valeur ajoutée de SCALLOG ne consiste pas à vendre des robots et des étagères mais avant tout à comprendre le besoin des clients

Énormément de gains résident dans la simplification des process et des cas d’usage de la solution. Tous les collaborateurs de SCALLOG sont impliqués dans l’innovation, à commencer par les responsables avant-vente qui définissent le bon design de la solution avec le client. La valeur ajoutée de SCALLOG ne consiste pas à vendre des robots et des étagères mais avant tout à comprendre le besoin des clients, leur problématique logistique et de trouver la bonne configuration pour dégager un ROI. Dans certaines situations, nous pouvons réduire de 30 % le nombre de robots nécessaires en trouvant la bonne configuration.